Construire un abri de jardin spacieux et fonctionnel est une démarche qui implique de nombreux choix. Entre les matériaux, la main-d'œuvre, les finitions et les démarches administratives, chaque élément influence le coût final. Le parpaing s'impose comme un matériau de construction privilégié pour sa robustesse et sa facilité de mise en œuvre, offrant un excellent rapport qualité-prix pour un abri de jardin de 20 m². Ce guide complet explore les aspects essentiels de la construction d'un tel abri, de la conception à la réglementation en passant par le choix des matériaux et la hauteur idéale.
La conception et le dimensionnement de votre abri

Avant de vous lancer dans la construction, une planification minutieuse est la clé du succès. Le choix de l'emplacement est déterminant, il doit maximiser l'ensoleillement pour une meilleure luminosité intérieure et être facilement accessible pour le transport des matériaux. Il est également crucial de le placer suffisamment loin des réseaux souterrains (eau, électricité, gaz) et de respecter les réglementations locales, notamment les distances par rapport aux limites de propriété. Une étude géotechnique, même sommaire, est conseillée pour évaluer la stabilité du sol, privilégiant idéalement un terrain plat et bien drainé pour éviter les problèmes d'humidité.
L'utilisation de logiciels de Conception Assistée par Ordinateur (CAO) gratuits en ligne, tels que SketchUp, facilite la création de plans précis en 2D et 3D. Pour un abri de 3 mètres de large sur 2 mètres de profondeur, une hauteur sous plafond de 2,2 mètres et une pente de toit de 15° constituent des dimensions raisonnables. Les plans doivent inclure des vues en coupe, des façades et une vue de dessus, avec la possibilité de trouver des exemples et des modèles de plans en ligne à adapter à vos besoins spécifiques. La prévision d'ouvertures (porte, fenêtre) judicieusement placées est essentielle pour l'aération et l'accès à la lumière.
Pour un abri de 3m x 2m x 2,2m, une estimation des matériaux suggère environ 150 parpaings de 20x20x50 cm (à ajuster selon l'épaisseur des murs), 600 kg de ciment pour le béton, 1,5 m³ de sable, 0,75 m³ de gravier, et environ 10 m² de couverture (tuiles, bac acier). Le choix de la couverture influence fortement la quantité nécessaire. Il est conseillé de consulter un professionnel ou un site spécialisé pour une estimation plus précise, l'achat en gros permettant souvent de réaliser des économies. La préparation de l'équipement avant de commencer est également primordiale, incluant des outils supplémentaires selon le type de couverture choisi (cisaille à tôle pour le bac acier, par exemple) et des équipements de sécurité (gants, lunettes de protection, casque).
Les fondations : la base de la solidité
Des fondations solides sont cruciales pour la stabilité de l'abri sur le long terme. Le choix du type de fondation approprié dépend du type de sol et des dimensions de l'abri. Une dalle béton d'une épaisseur de 10 à 15 cm est la solution la plus robuste et la plus appropriée pour les sols meubles ou instables. Des semelles filantes sont plus adaptées aux terrains stables, et des plots béton peuvent suffire pour les abris légers sur sols fermes. Le niveau doit être parfaitement horizontal, contrôlé avec un niveau à bulle précis.
Avant de couler le béton, le terrain doit être dégagé, nivelé et compacté. Creuser la tranchée aux dimensions définies sur vos plans et assurer un compactage du sol primordial pour éviter les tassements ultérieurs est une étape clé. Une profondeur minimale de 30 cm est recommandée, en veillant à un bon drainage pour éviter l'accumulation d'eau autour des fondations. L'utilisation de béton prêt à l'emploi ou le mélange de ciment, sable et gravier dans les proportions adéquates (généralement 1:3:3) est conseillée. Le béton doit être coulé en une seule fois et correctement vibré pour éliminer les bulles d'air. Il est essentiel de le laisser sécher au minimum 72 heures (idéalement 5 jours) avant de commencer la maçonnerie, en le protégeant de la pluie et du soleil direct.
Le coût d'une dalle de qualité, incluant le terrassement, le coffrage, le ferraillage et le coulage du béton, se situe généralement entre 100 et 150 € par m², représentant un poste de dépense de 2 000 à 3 000 € pour une surface de 20 m². Une dalle mal réalisée peut entraîner des fissures, des infiltrations ou un affaissement partiel de la structure.
La construction des murs en parpaing

La construction des murs en parpaing nécessite précision et méthode pour garantir la solidité et la stabilité de votre abri. L'utilisation d'un niveau à bulle à chaque rangée est essentielle pour vérifier l'aplomb des murs. Il faut appliquer un joint de mortier d'environ 1 cm d'épaisseur sur toute la surface du parpaing. Le calage est primordial pour assurer la planéité. Le joint croisé est recommandé pour une meilleure solidité et une répartition équilibrée des charges. L'utilisation d'un cordeau de maçon permet de maintenir un alignement parfait, et les angles doivent être parfaitement d'équerre.
Les linteaux, qu'ils soient en béton armé ou préfabriqués, supportent la charge au-dessus des portes et fenêtres et doivent être suffisamment résistants pour garantir la stabilité de la structure. Il est important de bien les caler et de les fixer solidement aux murs. Une bonne épaisseur de parpaing est à prévoir pour assurer une solidité optimale. L'utilisation d'un chariot à parpaings facilite grandement la pose, et il est conseillé de prévoir des parpaings supplémentaires pour compenser les éventuelles casses. Un enduit hydrofuge assure l'étanchéité et protège les murs des intempéries, et le renforcement des angles avec du béton armé améliore la résistance aux contraintes.
Le parpaing est plébiscité pour sa robustesse et sa résistance aux intempéries, garantissant une longue durée de vie. Contrairement à une cabane en bois ou à un kit en métal, le parpaing assure une isolation thermique et phonique plus efficace, protégeant ainsi les outils, vélos ou mobilier de jardin contre l'humidité et les variations de température. Le coût initial d'une construction en parpaing peut sembler plus élevé, généralement entre 2 000 et 5 000 euros pour un abri de 20m², mais il s'agit d'un investissement durable qui valorise votre terrain et peut augmenter l'emprise au sol utile de votre maison.
La toiture : protection et esthétique
La toiture est un élément essentiel pour la protection de votre abri. Le choix de la couverture et la réalisation de la charpente sont déterminants. Plusieurs options s'offrent à vous :
- Les tuiles en terre cuite : offrent une esthétique traditionnelle et une durabilité élevée, mais leur coût est plus important.
- Les bacs acier : sont légers, rapides à poser et économiques, mais moins esthétiques. Ils conviennent parfaitement à un toit plat ou légèrement incliné et facilitent l'entretien.
- Les bardeaux bitumineux (shingles) : proposent une esthétique variée, un coût moyen et une durabilité moyenne.
Le choix dépendra de votre budget, de l'esthétique souhaitée et de la durée de vie attendue pour votre abri. Une charpente simple, composée de pannes principales reposant sur les murs et de chevrons fixés aux pannes pour supporter la couverture, suffit généralement pour une toiture à pente unique. L'ancrage aux murs doit être solide pour résister au vent et aux charges. Une pente minimale de 15° est recommandée pour un bon écoulement des eaux. Il est conseillé d'utiliser du bois traité pour une meilleure résistance aux intempéries.
Il est crucial de suivre scrupuleusement les instructions du fabricant pour garantir l'étanchéité. Pour les tuiles, l'emboîtement et la fixation sont importants. Pour les bacs acier, assurez la superposition des feuilles et l'étanchéité des joints. Pour les shingles, respectez le recouvrement recommandé. L'étanchéité est essentielle pour la protection de votre abri. L'ajout de panneaux solaires photovoltaïques sur la toiture est une option écologique et économique, nécessitant une étude préalable pour évaluer la faisabilité et la rentabilité.
Le revêtement de toiture d'un abri de jardin influence à la fois le prix, l'isolation thermique et l'esthétique de votre construction.
La hauteur de l'abri de jardin : entre usage et réglementation
Il n'y a pas de hauteur standard pour les abris de jardin, celle-ci oscillant généralement de 200 à 250 cm, en fonction de la forme du toit. Cependant, rien n'empêche de construire un abri avec une hauteur moindre ou supérieure, dictée par les besoins de l'utilisateur.
La réglementation concernant la hauteur
La hauteur d'une construction a une faible importance aux yeux du Règlement National d’Urbanisme (RNU). C'est à partir de 12 mètres de hauteur que la déclaration préalable se transforme en demande de permis de construire, ce qui est très peu courant pour un abri de jardin. La hauteur du plafond entre en jeu dans la déclaration de la surface de plancher, puisque seules les surfaces dont la hauteur est supérieure à 180 cm sont prises en compte dans son calcul. Mais l'obligation d'une autorisation d'urbanisme s'appuie autant sur cette surface de plancher que sur l'emprise au sol, qui n'est aucunement impactée par la hauteur de l'abri.
Un abri de jardin d'une hauteur de 150 cm et de 7 m² de surface au sol aura une surface de plancher égale à 0, mais une emprise au sol égale ou supérieure à 7 m². Le propriétaire aura donc l'obligation de déposer une déclaration préalable de travaux auprès de la mairie de sa commune. La législation locale, via le Plan Local d’Urbanisme (PLU), peut comporter des règles spécifiques quant à la hauteur d'un abri, imposant des contraintes plus importantes que le RNU.
La hauteur d'un abri va par contre avoir une importance pour la taxe d'aménagement. En effet, celle-ci est déterminée par la surface de plancher, seules sont donc taxables les surfaces dont la hauteur sous plafond est supérieure à 180 cm.
La Taxe Abri de Jardin
L'influence de l'usage sur la hauteur
Selon l'usage que vous destinez à votre abri de jardin, sa hauteur sera plus ou moins utile. Si vous avez besoin de mettre à l'abri un grand nombre d'outils, des pots, de rentrer vos plantes frileuses en hiver, ou de stocker divers objets encombrants, une bonne hauteur peut être fort utile.
- Abri à toit plat : offre de grandes possibilités de stockage. Des rangements peuvent être montés sur les parois jusqu'à la hauteur maximum. Si celle-ci est importante, il est même possible d'aménager une rochelle qui ajoutera de la surface de rangement.
- Abri à toit en pente : la hauteur maximale est au niveau du faîtage, ce qui est moins intéressant pour du rangement sur étagères en hauteur. Il reste cependant possible d'aménager une rochelle ou une étagère suspendue juste sous le faîte pour ajouter de la surface utile.
Hauteur et limites de propriété
La hauteur d'un abri de jardin mitoyen peut impacter son installation. Il peut en effet être demandé qu'il soit placé à une distance de la limite de propriété en fonction de cette hauteur. Le Règlement National d’Urbanisme (RNU) stipule qu'il faut une distance au moins égale à la moitié de la hauteur de l'abri, cette distance ne pouvant par ailleurs pas être inférieure à 3 m. Cependant, chaque commune étant libre d'imposer son propre Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou Plan d’Occupation des Sols (POS), il est vivement conseillé de se renseigner auprès de la mairie avant tout achat d'abri de jardin ou de matériel pour sa construction.
Les démarches administratives et fiscales

Avant de construire un abri de jardin, il est indispensable de se renseigner sur la réglementation locale. Dès que la surface dépasse 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol, le permis de construire est obligatoire. Vous ne pouvez donc pas installer un abri de jardin en dur de 20 m² sans cette autorisation formelle.
Les autorisations d'urbanisme
La réglementation française encadre strictement l'installation des abris selon leur taille :
- Moins de 5 m² : aucune démarche administrative n'est requise.
- Entre 5 et 20 m² (surface de plancher ou emprise au sol) : une déclaration préalable de travaux (DP) en mairie suffit. Le délai d'instruction est généralement d'un mois (deux mois dans les périmètres de protection des Monuments historiques).
- Plus de 20 m² (surface de plancher ou emprise au sol) : un permis de construire (PC) devient obligatoire. Le délai d'instruction est de deux ou trois mois (trois ou quatre mois dans les périmètres de protection des Monuments historiques).
Il est important de noter qu'en zone protégée (site patrimonial remarquable, proximité de monument historique, etc.), ces seuils peuvent être abaissés. Par exemple, en zone protégée, toute surface inférieure à 20 m² demande une déclaration préalable.
La taxe d'aménagement
La construction d'un abri de jardin peut entraîner le paiement de la taxe d'aménagement, calculée selon la surface et le type de matériaux utilisés. Seuls les abris de jardin d'une superficie de plus de 5 m² et avec une hauteur sous plafond de 1,80 m sont concernés. Son montant varie selon la commune et peut atteindre plusieurs centaines d'euros. Pour le calcul de la taxe, seule est comptabilisée la surface de la cabane dont la hauteur sous plafond est d'au moins 1,80 m. Vous devez déclarer les éléments nécessaires au calcul de la taxe simultanément à votre déclaration foncière, dans les 90 jours qui suivent l'achèvement des travaux et remplir le formulaire de déclaration des locaux d'habitation.
En cas de construction sans autorisation, vous vous exposez à une amende pouvant aller de 1 200 à 300 000 €, voire à une peine d'emprisonnement en cas de récidive ou de non-respect. Le délai de prescription pour des travaux non déclarés est de 6 ans pour la responsabilité pénale et de 10 ans pour la responsabilité civile.
Il est possible de régulariser des constructions non déclarées en suivant la procédure standard de déclaration préalable de travaux ou de permis de construire, en s'assurant que les travaux sont conformes aux règles d'urbanisme de la commune.
Choix des matériaux et finitions
Le matériau de construction reste le premier facteur de variation du prix d'un abri de jardin en dur. Le parpaing, déjà abordé pour sa robustesse, est souvent plébiscité. La brique, quant à elle, offre une excellente isolation thermique et une durabilité exceptionnelle, mais son coût est généralement plus élevé. Le bois massif (madriers empilés) séduit par son aspect chaleureux et naturel.
Les finitions extérieures, telles que le crépi ou le bardage, sont nécessaires pour un rendu esthétique des murs en parpaing. L'isolation (sol, murs, toiture) devient essentielle si vous comptez utiliser l'abri comme bureau, atelier ou chambre d'amis.
Les options font également exploser le budget : une simple porte métallique ne coûte pas le même prix qu'une double porte vitrée en bois massif avec serrure renforcée. L'aménagement intérieur dépendra de l'usage prévu : étagères, crochets, rangements optimisent l'espace. Une bonne ventilation et un éclairage suffisant sont nécessaires pour un espace agréable et fonctionnel.
Optimiser le budget et l'auto-construction
Construire un abri de jardin en dur de 20 m² représente un budget important, mais il existe plusieurs leviers pour alléger la facture sans compromettre la solidité ni la durabilité.
- Acheter les matériaux soi-même : en achetant directement le béton, les parpaings ou les matériaux isolants, vous évitez les marges des artisans.
- Négocier les tarifs : les artisans sont souvent plus disponibles, et les tarifs peuvent être négociés à la baisse.
- Kits et préfabrication : les kits en béton ou en bois permettent de limiter les imprévus et d'accélérer le chantier, tout en simplifiant la pose.
- Auto-construction : faire appel à un professionnel ou le faire soi-même fait une différence de taille, aussi bien en termes de budget que de niveau d'exigence. L'auto-construction permet d'économiser plusieurs milliers d'euros, mais demande du temps, de la rigueur et des compétences.
Un projet mal anticipé peut vite coûter cher. Il est donc indispensable de mettre les matériaux en perspective, non seulement par leur prix, mais aussi selon votre usage futur. La comparaison des devis, la vérification de la réglementation locale et l'évaluation de toutes les options disponibles sont des étapes cruciales.
Un abri de jardin est toujours utile sur un terrain, formant un espace de rangement non négligeable. Le choix du modèle, pour un abri en kit comme pour un abri fait maison, est donc crucial pour son futur usage et sa praticité. Ne négligez pas sa hauteur, qui offre un volume utile, tout comme la forme de son toit qui lui est corrélée.
En achetant vous-même du béton, des parpaings ou des matériaux isolants, vous évitez les marges des artisans. Certaines communes proposent des aides ou des exonérations fiscales, notamment en cas de rénovation ou d’extension justifiée.
L'abri de jardin en parpaing : un investissement durable
Opter pour un abri en parpaing de 20m² est un choix judicieux pour ceux qui recherchent un espace de rangement durable, résistant et fonctionnel. Bien que le coût initial puisse être supérieur à d'autres matériaux, sa longévité, sa robustesse et ses performances d'isolation en font un investissement rentable sur le long terme. En respectant les démarches administratives, en planifiant soigneusement la conception et en choisissant des matériaux de qualité, vous obtiendrez un abri qui valorisera votre propriété et répondra à vos besoins pour de nombreuses années.
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