La construction de murs en blocs à bancher, une méthode de plus en plus prisée pour sa robustesse et sa simplicité relative, requiert une attention particulière à chaque étape. Ces blocs, souvent en béton, ressemblent à des parpaings mais présentent une différence fondamentale : ils sont ouverts en haut et en bas, permettant le passage d'armatures verticales et le remplissage de béton. Cette caractéristique leur confère le nom de "blocs à bancher", évoquant les banches utilisées en coffrage pour le béton armé. Ils sont majoritairement fabriqués en béton, parfois en polystyrène, et se reconnaissent à leur forme distinctive, souvent comparée à un H. L'utilisation de blocs à bancher est particulièrement pertinente dans les zones sismiques, étant obligatoire pour tous les bâtiments publics et fortement recommandée dans les zones de sismicité 3, 4 et 5. La pose de ces blocs doit impérativement se conformer aux dispositions du DTU 20.1.

La Pose des Blocs : Fondations et Alignement
L'étape initiale de la pose des blocs à bancher débute sur les longrines. Il est crucial que les armatures transversales des longrines ne viennent pas entraver la mise en place des blocs, car ces armatures serviront ultérieurement d'ancrage pour les murs. Une vérification minutieuse de l'aplomb par rapport à la longrine est essentielle. Pour assurer la mise à niveau parfaite de chaque bloc, l'utilisation de cales en plastique peut s'avérer nécessaire.
Il peut arriver que les boucles de levage ou les armatures de la longrine gênent la pose des blocs. Dans de tels cas, si les armatures transversales de la longrine ne peuvent être coupées, elles doivent être pliées pour permettre la liaison entre le mur et la longrine. Lorsque les boucles de levage empêchent la pose correcte du bloc, leur position doit être reportée sur le bloc à bancher afin de réaliser des entailles. Ces entailles sont généralement effectuées à l'aide d'une meuleuse, un outil adapté pour découper le matériau du bloc.

Les longrines peuvent parfois présenter des surfaces rugueuses, avec des gravillons saillants qui compromettent l'alignement des blocs. Il est alors impératif de les retirer méticuleusement à l'aide d'un burin et d'une massette pour garantir une base plane et régulière.
La vérification des cotes est une phase d'une importance capitale. L'implantation précise des murs selon les plans est le fondement de toutes les mesures ultérieures du bâtiment. Un réglage précis de l'alignement facilitera grandement les étapes suivantes, notamment la mise en œuvre du plancher. L'aplomb du mur doit également être vérifié. Pour des murs de faible hauteur, un simple niveau à bulle est suffisant pour garantir la verticalité parfaite.
Comment réaliser un mur en blocs à bancher ?
Le Ferraillage : Continuité et Consolidation
Le ferraillage horizontal du mur doit impérativement être continu sur toute sa longueur. Cependant, la présence de poteaux intermédiaires pose un défi à cette continuité. La solution réside dans le croisement des aciers horizontaux des murs avec les ferraillages des poteaux, assurant ainsi une structure monolithique et résistante.
Les chaînages d'angle, bien que parfois non prévus initialement, jouent un rôle crucial dans l'amélioration de la finition et de la résistance globale de la structure. Leur mise en place, souvent réalisée avec des aciers en forme de "L" (raccords d'angle), permet de consolider significativement les murs aux points d'intersection.
La longueur de recouvrement des aciers horizontaux est un paramètre essentiel pour garantir la solidité des liaisons. Selon le DTU 21 (NF P 18-201), cette longueur doit être égale à 50 fois le diamètre des aciers. Cette précaution assure une répartition adéquate des contraintes et prévient les points faibles dans la structure.
Le Remplissage des Blocs : Le Béton au Cœur de la Structure
Une fois les blocs posés et le ferraillage en place, l'étape suivante est le remplissage des blocs. Avant de procéder au coulage du béton, il est important de s'assurer que tout est prêt. Le coulage des murs, des poteaux et des chaînages d'angle est généralement effectué simultanément pour optimiser le processus et garantir une homogénéité du matériau. L'article "les coffrages" détaille la mise en œuvre des coffrages nécessaires à la réalisation du mur de soubassement, une étape préliminaire indispensable.

Le coulage du béton peut être réalisé manuellement, mais cette méthode est notoirement pénible et moins efficace pour les grands volumes. L'utilisation d'une pompe à béton est fortement recommandée. Cette opération requiert généralement au moins trois opérateurs : le premier guide l'extrémité de la pompe dans les alvéoles des blocs ; le second effectue l'aiguillage du béton, c'est-à-dire qu'il vibre ou remue le béton avec un fer à béton dans toutes les directions. Ce travail d'aiguillage est fondamental pour éliminer les vides et les bulles d'air, assurant ainsi une pénétration complète du béton dans les alvéoles des blocs à bancher. Le dernier opérateur a pour tâche d'égaliser le niveau du béton avec une taloche, garantissant une surface plane.
Il est impératif d'éviter une prise trop rapide du béton. Pour ce faire, il faut arroser régulièrement les faces du mur. Ce simple geste permet de maintenir une humidité suffisante et d'assurer un durcissement optimal du béton.
Comment réaliser un mur en blocs à bancher ?
Pour assurer une bonne circulation du béton et sa parfaite intégration autour des armatures, il est recommandé d'utiliser des granulats de petite taille, par exemple un "12" au lieu d'un "14/16". Il est généralement déconseillé d'employer un béton fluide autoplaçant pour ce type de projet, car il pourrait ne pas offrir la consistance idéale pour un remplissage optimal dans les alvéoles des blocs à bancher. Le choix du béton aura un impact direct sur le coût, les centrales à béton pouvant ajuster leurs tarifs pour les bricoleurs occasionnels.
Après le coulage, il est essentiel de laisser le béton durcir complètement, ce qui prend généralement 28 jours, avant de procéder au remblaiement.
Aspects Techniques et Normatifs
La pose maçonnée, technique ancestrale, est également une méthode envisageable. L'appareillage d'angle, essentiel pour obtenir le décalage requis des blocs d'un rang à l'autre, est réalisé au mortier frais hydrofugé. Cette étape est déterminante pour la bonne mise en œuvre des blocs, notamment les blocs de marque Fabemi. L'épaisseur du joint durci, qu'il soit appliqué sur platine réglée à l'aide d'une règle et d'un niveau à bulle, se situe généralement entre 1 cm et 2 cm, en fonction de la nature de la maçonnerie.
Par temps venteux et chaud, une rétention d'eau élevée du mortier est primordiale pour éviter un séchage trop rapide. À l'inverse, par temps froid, en cas de risque de gel, il est nécessaire d'ajouter des accélérateurs de prise ou d'opter pour un ciment de classe de résistance supérieure. Dans de telles conditions, les murs doivent être protégés, par exemple à l'aide de bâches ou d'auvents.
Avant de ferrailler un mur banché, une étude de structure préalable est indispensable. Cette étude permet de définir précisément les besoins en ferraillage et d'assurer la conception d'une structure répondant aux normes de sécurité et de résistance.
Pour ceux qui souhaitent obtenir un devis chiffré pour la mise en place d'un mur en bloc à bancher, il est possible de compléter un formulaire en ligne. Cette démarche est gratuite et n'engage à rien. Des options de devis pour la livraison de béton par camion toupie ou pour la livraison de sable et gravier sont également disponibles, répondant ainsi à tous les besoins logistiques du chantier. L'utilisation de blocs à bancher, bien que nécessitant une certaine expertise, permet de construire des murs plus résistants que ceux réalisés avec des parpaings traditionnels, car ils agissent comme un coffrage perdu contenant du béton armé, garantissant ainsi une solidité accrue.
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