La ville de Sienne, nichée au cœur de la Toscane, est mondialement célèbre pour son Palio, une course de chevaux séculaire qui se déroule deux fois par an sur la Piazza del Campo. Plus qu'une simple compétition sportive, le Palio est une manifestation culturelle profonde, enracinée dans l'histoire, l'art et l'identité des dix-sept contrade (quartiers) qui composent la ville. Cet article explore les multiples facettes de cet événement unique, depuis ses origines historiques jusqu'à ses expressions artistiques et ses rituels complexes.
Origines et Évolution du Palio
Le Palio de Sienne trouve ses racines dans des traditions médiévales, où des courses de chevaux étaient organisées pour célébrer des événements importants ou des fêtes religieuses. Le terme "Palio" lui-même dérive de "pallium", un drap de tissu précieux qui était autrefois offert au vainqueur. Les représentations artistiques, connues sous le nom de cavallini, visaient à commémorer les Palii du passé ou à en illustrer les moments saillants. La course de chevaux elle-même, le Palio proprement dit, est entourée d'un cérémonial immuable.
Historiquement, la chasse au taureau était également un événement populaire à Sienne, se déroulant sur la Piazza del Campo de la fin du XVe siècle à 1597. Cette pratique, comme d'autres manifestations populaires, s'inscrit dans le riche tissu des traditions siennoises qui ont évolué au fil des siècles.

La Structure des Contrade et leur Identité
Sienne est divisée en dix-sept contrade, des communautés autonomes qui jouent un rôle central dans la vie de la ville et, bien sûr, dans le Palio. Chaque contrada possède son propre drapeau, son emblème, son église (ou oratoire), son musée et son propre code d'honneur. Le musée d'une contrada est un lieu de mémoire, conservant les trophées des victoires passées, y compris les fameux drappelloni (les drapeaux peints offerts aux vainqueurs du Palio).
Les noms des contrade évoquent souvent des animaux ou des symboles : Aquila (Aigle), Bruco (Chenille), Chiocciola (Escargot), Civetta (Chouette), Drago (Dragon), Giraffa (Girafe), Istrice (Porc-épic), Leocorno (Licorne), Lupa (Louve), Nicchio (Coquille Saint-Jacques), Onda (Vague), Oca (Oie), Pantera (Panthère), Selva (Forêt), Tartuca (Tortue), Torre (Tour) et Valdimontone (Monton de la Vallée).
Les Rituels et la Vie du Palio
La préparation du Palio est un processus complexe qui commence bien avant le jour de la course. La tratta est l'opération par laquelle chaque cheval est associé à l'une des dix contrade participantes, tiré au sort le matin de la course. Les prove (courses d'entraînement) sont au nombre de six et ont lieu les jours précédant le Palio.
Le terme barbero désigne le cheval qui court le Palio, assigné par tirage au sort à chaque contrada. Ces chevaux sont aujourd'hui principalement des Anglo-Arabes sardes, réputés pour leur rapidité et leur robustesse, bien que le terme dérive probablement des chevaux berbères réputés pour leurs qualités similaires. Le barberesco est la personne au sein de chaque contrada chargée de s'occuper du cheval attribué.
Le jour du Palio, la ville s'anime au rythme des cortèges historiques. Le drapello des Carabiniers, une troupe montée en costume d'apparat, défile sur la Piazza del Campo. Les musiciens du Palazzo jouent un hymne qui accompagne le défilé historique, tandis que les trompettistes jouent des clairons d'argent. Les alfieri (porte-drapeaux) exécutent la sbandierata, une cérémonie spectaculaire de lancer de drapeaux, où des figures complexes comme le passo della Diana ou le passo di Piazza sont réalisées. Le rotellini di Palazzo, sous les ordres du Maestro di Campo, veillent au bon ordre du défilé.
La course elle-même est précédée par le bruit du mortaretto (une petite bombe de papier bruyante) qui annonce la sortie des chevaux de l'entrone. La Mossa représente le point de départ et d'arrivée des chevaux pendant la course. La piste du Palio, appelée anello ou ring, coïncide avec le périmètre de la Piazza del Campo. Les faccette, de petites colonnes de travertin, délimitent la partie intérieure du Campo et servent de support aux clôtures protégeant les spectateurs durant les jours de Palio.
La victoire est célébrée avec ferveur. "Fare cappotto" pour une contrada signifie gagner les deux Palios ordinaires de la même année. Les fantini (jockeys) et les chevaux qui y parviennent sont particulièrement honorés. Une publication spéciale, le Numero Unico, est éditée par une contrada pour célébrer sa victoire. Le premier Numero Unico fut publié par la Contrada del Nicchio après sa victoire le 16 août 1932.

L'Art et le Palio
Le Palio a inspiré de nombreux artistes au fil des siècles, et son influence se retrouve dans diverses formes d'art. Des artistes comme Lorenzo Ghiberti ont créé des œuvres d'art remarquables, telles que le San Giovanni Battista (Saint Jean Baptiste) en bronze, témoignant de l'importance de la ville et de ses traditions. Andrea del Castagno a laissé des fresques impressionnantes comme La Cena (La Cène) et la Crocifissione e Santi (Crucifixion et Saints). Les monuments équestres, comme ceux de Niccolò da Tolentino par Andrea del Castagno et de Giovanni Acuto par Paolo Uccello, réalisés sous forme de fresques détachées, témoignent de l'importance des figures militaires et des héros dans l'histoire toscane.
Des peintres siennois comme Rutilio Manetti et Astolfo Petrazzi ont également contribué à la richesse artistique de la ville, avec des œuvres telles que I dolenti e la Maddalena (La Vierge et saint Jean en pleurs, et la Madeleine) et Adorazione dei Magi (Adoration des Mages). Francesco di Giorgio Martini est crédité de la Madonna con Bambino fra cherubini e serafini, une œuvre en terre cuite et stuc polychrome.
Lorenzo Lippi, peintre et poète florentin, a laissé des œuvres comme Saint François d’Assise en prière et Allégorie de la Simulation ou La Jardinière au masque, reflétant le style baroque de son époque.
Sans frontières - Le palio de Sienne
Sienne, la Ville et son Terroir
Le Palio est intrinsèquement lié à l'identité de Sienne et de ses contrade. La Piazza del Campo, avec sa forme unique de coquille, est le cœur battant de la ville et le théâtre de cette manifestation spectaculaire. Les rues de Sienne, comme la Via di Città, la Via Banchi di Sopra et la Via Banchi di Sotto, sont imprégnées d'histoire et de culture.
Le terme drapello lui-même, qui désigne le drapeau du Palio, trouve son origine dans l'ancien provençal tropel, lié au germanique trop signifiant "beaucoup", et fait référence à un petit groupe de soldats rassemblés sous une même bannière. Ce lien étymologique souligne l'importance des symboles et des affiliations dans la culture médiévale et renaissante.
Le Palio de Sienne n'est pas seulement une course ; c'est un phénomène culturel complexe qui englobe l'histoire, l'art, la religion, la politique locale et un profond sentiment d'appartenance communautaire. Il continue de captiver les habitants de Sienne et les visiteurs du monde entier, offrant un aperçu unique d'une tradition vivante qui a su traverser les siècles.
Références Artistiques et Historiques
L'étude des objets d'art et des artefacts historiques liés à la Toscane et à l'Italie antique révèle la richesse des influences culturelles. Des œuvres comme la plaque de revêtement de char provenant de Pérouse, étudiée par Gilda Bartoloni, ou les descriptions de chars antiques, comme celle de Jean-Baptiste Muret, témoignent de la sophistication technique et artistique des civilisations anciennes. Les catalogues de bronzes antiques, tels que celui de Babelon et Blanchet, ainsi que les études sur les bronzes étrusques et italiques, comme celle d'Anne-Marie Adam, mettent en lumière la maîtrise des artisans de l'époque.
Des artistes comme Lorenzo Ghiberti, avec ses célèbres portes du Baptistère de Florence, et Andrea Pisano, ont laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de l'art. La sculpture religieuse, avec des œuvres comme le San Giovanni Battista de Ghiberti, et les représentations de scènes bibliques par des peintres comme Andrea del Castagno, enrichissent le patrimoine artistique italien.
L'étude des pièces de monnaie, des sceaux et des insignes, comme ceux qui apparaissent dans les catalogues de la Bibliothèque nationale, offre également un éclairage sur l'histoire et la symbolique des époques passées. L'iconographie équestre, particulièrement importante dans l'art commémoratif, est représentée par des œuvres comme les monuments équestres de Niccolò da Tolentino et de Giovanni Acuto.
Les recherches sur des figures historiques et religieuses, telles que Judith de Bavière, Frédéric II de Souabe, ou des papes comme Léon III, nous rappellent le contexte politique et religieux dans lequel ces œuvres d'art ont été créées. L'étude des antipapes, comme Guido da Crema, souligne les périodes de troubles et de divisions au sein de l'Église.
Les textes anciens, comme ceux d'Apollonios de Rhodes, poète épique grec, et les travaux de philologues et de bibliothécaires comme Callimaque, témoignent de la transmission du savoir et de la littérature à travers les âges.
La typologie des vases, qu'il s'agisse d'amphores à figures noires ou rouges, de cratères ou de canthares, ainsi que l'étude des miroirs étrusques, révèlent des détails sur les pratiques artistiques, les croyances et les échanges commerciaux des civilisations anciennes. Les publications spécialisées, comme celles de Gaultier, Picard-Cajan, Cristofani, et d'autres chercheurs dans le domaine de l'archéologie et de l'histoire de l'art, sont essentielles pour comprendre la complexité de ces artefacts.
Les collections muséales, telles que celles du Cabinet des Médailles, du Musée du Louvre, ou du British Museum, conservent une richesse d'objets qui permettent de retracer l'histoire de l'art et de la culture. Les descriptions détaillées des reliefs, des sarcophages, des urnes et des autres objets archéologiques, souvent accompagnées de gravures et de photographies, fournissent des informations précieuses pour la recherche.
La comparaison des différentes interprétations et attributions d'œuvres d'art, ainsi que l'analyse des techniques de reproduction et de diffusion, comme les gravures des Monumenti inediti, sont également cruciales pour une compréhension approfondie. Les études sur des artistes spécifiques, comme Ingres et sa collection de gravures, ou sur des périodes artistiques particulières, comme le baroque florentin, contribuent à éclairer le paysage artistique de l'Italie.
Le lien entre l'art et la vie quotidienne, par exemple à travers l'étude des ustensiles de cuisine, des bijoux ou des objets funéraires, permet de reconstituer le mode de vie des populations anciennes. L'analyse des inscriptions, des signatures d'artistes et des marques de fabrique, lorsqu'elles sont disponibles, offre des pistes supplémentaires pour l'identification et la datation des œuvres.
La recherche sur les techniques de conservation et de restauration des œuvres d'art, ainsi que sur les méthodes d'analyse scientifique, comme la datation au carbone 14 ou l'analyse des matériaux, joue un rôle croissant dans la compréhension de ces artefacts. L'étude des collections privées et des ventes aux enchères, lorsqu'elles sont documentées, permet de retracer la circulation des œuvres d'art au fil du temps.
Enfin, la diversité des sources, qu'il s'agisse de textes anciens, de documents d'archives, d'études archéologiques ou de travaux d'histoire de l'art, converge pour offrir une vision toujours plus complète et nuancée du patrimoine artistique et culturel, en particulier celui de la Toscane et de l'Italie.
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