Le béton cellulaire, apprécié pour ses qualités d'isolation thermique et sa légèreté, présente des défis spécifiques lorsqu'il s'agit de le fixer. Que ce soit pour installer des tasseaux destinés à supporter des panneaux OSB, fixer des éléments de menuiserie, ou même des équipements plus lourds comme un chauffe-eau, le choix de la méthode de fixation est crucial pour garantir la solidité et la longévité de l'ouvrage. Ce matériau, bien que pratique, peut se montrer friable et peu résistant aux contraintes mécaniques si les fixations ne sont pas adaptées.

Comprendre le matériau : les spécificités du béton cellulaire
Le béton cellulaire, souvent désigné par des marques comme Siporex ou Ytong, est un matériau de construction léger composé de ciment, de chaux, de sable, d'eau et d'un agent d'expansion (souvent de la poudre d'aluminium). Cette composition lui confère une structure alvéolaire unique, remplie d'air, qui est à l'origine de ses excellentes performances thermiques et acoustiques. Cependant, cette porosité et cette faible densité le rendent également plus fragile que le béton traditionnel ou la maçonnerie pleine. La résistance à l'arrachement est donc un point de vigilance majeur.
Les dimensions des tasseaux à fixer, dans le cas évoqué par Dimak, sont de 6x8 cm, qualifiés de "beaux tasseaux" ou "chevrons". Ces éléments sont destinés à être fixés verticalement sur une hauteur de mur en béton cellulaire de 2500 mm (2.5 mètres) et une épaisseur de 200 mm, avec un entraxe de 675 mm. L'objectif est de fixer ensuite des panneaux OSB sur cette ossature. Le mur en question fait en réalité 42 cm d'épaisseur, et les panneaux d'OSB mesurent 2500 mm de hauteur.
Les solutions de fixation : chevilles, scellement chimique et autres astuces
Face à la nature du béton cellulaire, plusieurs options de fixation s'offrent à l'utilisateur, chacune avec ses avantages et ses inconvénients.
Les chevilles spécifiques pour béton cellulaire
Il existe sur le marché une gamme de chevilles spécialement conçues pour les matériaux de construction légers et poreux. Ces chevilles sont conçues pour se dilater ou s'ancrer de manière à répartir la charge sur une surface plus large, minimisant ainsi le risque de déformation ou de rupture du matériau.
Parmi les références mentionnées, on trouve les chevilles Duopower de Fischer. BertrandG souligne leur efficacité dans les murs en parpaing pour la fixation d'OSB et conseille, pour le béton cellulaire (type Siporex), de ne pas utiliser la vis de diamètre maximum autorisé par la cheville, afin d'éviter de fendre le matériau. Il suggère de choisir la partie la plus petite ou juste au-dessus du minimum de la fourchette proposée pour la vis à utiliser.
Les chevilles de type GB de chez Fischer sont également évoquées. Dimak2 les trouve "assez courtes" mais pense qu'avec des murs épais, la répartition de la contrainte peut être plus favorable.
Un autre type de fixation spécifique mentionné est la cheville pour béton cellulaire Würth. Ces dispositifs sont "spécialement conçus pour ancrer des éléments dans des matériaux de construction légers tels que le béton cellulaire proposés par le fabricant Ytong". Elles assurent une "tenue optimale grâce à sa conception adaptée à la structure poreuse du béton cellulaire, permettant une répartition uniforme des charges". Les chevilles Würth se distinguent par leur conception innovante qui garantit une "répartition optimale de la charge, réduisant ainsi le risque de fissuration ou d'endommagement du matériau". Elles sont disponibles dans une plage de dimensions allant de 6 mm à 14 mm de diamètre et sont fabriquées à partir de matériaux robustes comme le nylon renforcé.
Dimak2 a finalement opté pour des chevilles Duopower Fischer de 140 mm, avec 5 chevilles par chevron. Cette solution "semble plutôt bien se comporter", bien que la rectitude du mur, avec ses irrégularités, ait nécessité l'utilisation de cales en bois pour assurer une bonne assise aux chevrons.
Le scellement chimique
Le scellement chimique est une solution réputée pour sa résistance et sa durabilité, particulièrement adaptée aux charges lourdes. Oliver67 suggère que, pour des poids supérieurs à 50 kg, le scellement chimique est préférable, et même "facile" à mettre en œuvre. BertrandG préfère éviter le scellement chimique pour des charges modestes, suggérant qu'il est peut-être "trop tard" pour cette option si les murs sont déjà en place et qu'il n'y a pas eu d'intégration d'éléments spécifiques lors de la construction.

Cependant, l'expérience de Ramses met en garde contre une confiance aveugle même dans le scellement chimique. Il relate un cas où un chauffe-eau, fixé par tiges filetées scellées chimiquement dans un mur en brique creuse, s'est détaché. La cause n'était pas le scellement lui-même, mais la faiblesse du support (la brique creuse) qui a cédé. Cela souligne l'importance de considérer la nature du matériau support dans son ensemble.
Les vis sans chevilles et les "queues de cochon"
Ytong propose également l'utilisation de vis béton sans chevilles. Oliver67 a essayé cette méthode et la juge "complètement inefficace". Dimak2, ayant entendu ce retour, préfère éviter cette approche.
Les "queues de cochon" (ou vis tirefond sans tête, ou vis d'ancrage) sont une autre option. D'Duncanmac les présente comme une possibilité pour le béton cellulaire, bien qu'il ne s'agisse pas exactement de la même chose que les fixations pour parpaing. Il met en avant des exemples de chez Berner. Dimak2 est cependant "moyen" quant à leur efficacité, craignant que la nature du Siporex et la faible longueur de la cheville ne fassent "casser le filetage" rapidement.
L'assemblage par collage et la mousse polyuréthane
L'idée de coller les tasseaux au mur avec des taquets de colle PU (Polyuréthane), comme la Sika F11, est proposée par Buchsbaum. Cette approche vise à éviter de percer le béton cellulaire, préservant ainsi sa cohésion et son pouvoir isolant. Dimak2 trouve cette idée intéressante mais s'inquiète de la "permanence" de ces colles "solides", craignant que le béton cellulaire ne soit endommagé lors d'un éventuel démontage. Il redoute également que l'utilisation de la colle ne masque des erreurs de planéité lors de la pose des blocs, entraînant des joints épais.
Oliver67 propose une alternative : visser les tasseaux directement avec des vis placo, sans cheville, en complément d'un collage à la mousse polyuréthane de construction. Il assure que cette mousse s'enlève "très bien" et que l'idée du MAP (Mortier Adhésif Polyuréthane) fonctionnerait aussi, étant retirable par simple meulage.
Roland suggère l'utilisation de mastic-colle type pro-11-FC, et renforce l'idée de faire reposer les tasseaux au sol pour plus de solidité.
Isoler, calfeutrer, reboucher avec la mousse expansive Sika Boom
Solutions alternatives et considérations pratiques
Fixation au sol et au plafond
Buchsbaum suggère la possibilité de fixer les tasseaux au sol et au plafond avec des équerres, afin d'éviter de les cheviller dans le mur. Dimak2 confirme que la fixation au sol est possible, mais pas au plafond en raison de la nature des hourdis ("plastique" et poutrelles). L'idée de faire reposer la structure au sol avec des équerres pour fixer solidement les chevrons est retenue par Dimak2 comme une bonne option.
Roland insiste sur l'importance de la fixation au plafond, suggérant que même si les hourdis en plastique ne semblent pas offrir de prise, il est possible de percer les poutrelles en prenant garde de ne pas toucher les fers. Il précise que des chevilles de 6x25 mm sont suffisantes pour empêcher le basculement de la structure OSB vers l'avant, apportant ainsi une garantie supplémentaire.
Gestion des irrégularités du mur
Les irrégularités des murs en béton cellulaire peuvent compliquer la pose. Dimak2 a rencontré ce problème, les tasseaux ne portant pas toujours bien sur le mur. L'utilisation de cales en bois a été nécessaire pour retrouver une bonne assise. Cette gestion des défauts de planéité est un aspect non négligeable lors de la fixation dans ce type de matériau.
Il est également mentionné le cas d'un mur en moellons avec une surélévation posée en retrait sur un mur pas "des plus droit", avec des retraits variables. Dans ce contexte, l'idée de poser du béton cellulaire pour masquer les irrégularités a été envisagée, mais l'épaisseur de l'enduit nécessaire pour rattraper les différences a soulevé des questions quant à la charge supplémentaire sur le mur porteur. L'option de recouvrir le béton cellulaire avec un enduit en harmonie avec la partie pierre a finalement été retenue.
La gestion de la charge et la pérennité
La question de la charge à supporter par les fixations est primordiale. Pour des étagères, la charge n'est pas excessive, mais Dimak2 préfère anticiper d'éventuels changements d'usage. Roland exprime des doutes quant au poids si des étagères sont prévues, et se souvient de la difficulté à fixer correctement dans le Siporex, préférant dans son cas percer de part en part et utiliser une tige filetée avec des fers plats en guise de rondelles.
La pérennité des fixations est également un facteur clé. Si l'on utilise des colles "efficaces", le risque est de ne pas pouvoir démonter sans endommager le mur. Les chevilles, bien qu'elles laissent des trous, permettent un rebouchage plus aisé et moins destructeur.
L'importance des prescriptions fabricant
Il est rappelé qu'il est essentiel de "bien vérifier les prescriptions du fabricant" concernant les fixations et les matériaux utilisés. Pour les chevilles pour béton cellulaire Ytong, il est recommandé de percer un trou de diamètre adapté à la cheville, de respecter la profondeur minimale requise, d'insérer la cheville à l'aide d'un marteau en la maintenant bien alignée, et d'utiliser des vis compatibles avec le diamètre interne de la cheville.
Conclusion partielle sur les solutions
L'expérience partagée dans ce forum montre qu'il n'existe pas de solution unique et universelle pour la fixation dans le béton cellulaire. Le choix dépendra de la charge à supporter, de la nature exacte du béton cellulaire, de l'épaisseur du mur, des contraintes de pose, et des exigences en matière de démontage futur.
Les chevilles spécifiques comme les Duopower de Fischer ou les chevilles Würth, utilisées avec précaution quant au diamètre de la vis, semblent être une option viable pour des charges modérées. L'association vissage/collage à la mousse polyuréthane offre une alternative intéressante, notamment pour sa facilité de retrait. Pour les charges plus importantes, le scellement chimique reste une référence, mais il est impératif de s'assurer de la solidité du support. L'ancrage au sol, lorsqu'il est possible, apporte une sécurité supplémentaire non négligeable.
Dans tous les cas, une bonne compréhension du matériau, une préparation minutieuse et le respect des bonnes pratiques de mise en œuvre sont les clés pour garantir des fixations solides et durables dans le béton cellulaire.
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